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Archives pour 02/2010

La communication dans l’éducation emprunte les sentiers de la perdition.

15/02/2010

Les revendications s’accumulent du coté du corps enseignant en Seine St Denis notamment.

Dernièrement, c’est face au recrutement de 80 étudiants en vue de remplacements (pour une durée de trois semaines) que s’est manifestée la contestation. Ces étudiants seraient très insuffisamment formés avant cette première immersion, avec un simple brief de 3 heures. Selon la direction de l’académie, il s’agit surtout d’une opportunité de stage de fin de formation pour ces jeunes en 1ère année d’IUFM, tandis que d’autres sont assistants d’éducation (surveillants).

Pendant ce temps, le statu quo est toujours d’actualité à Vitry, entre Luc Chatel et les “retraités”. les enseignants et le personnel réclament le “droit fondamental” à la sécurité après l’aggression au couteau d’un élève le 3 février.  11 surveillants supplémentaires sont demandés par le lycée, le gouvernement propose 9 postes, dont 3 assistants d’éducation et 6 médiateurs de réussite scolaire. Le problème, c’est que les compétences exigées risques de subir une dévaluation: pour les enseignants, les postes proposés par le Ministère sont avant tout des contrats précaires, peu efficaces.

Du coup, la contestation dans l’enseignement prend une tournure générale, contre la réforme du lycée, celle de la formation des maitres et des enseignants, et bien sur face aux suppressions de postes…qui semblent une réponse parfaitement hors sujet à la problématique posée.

D’ailleurs, les syndicats dénoncent le caractère “de totale improvisation dans laquelle se prépare l’accueil et la formation des profs stagiaires dans les établissements”. L’Union nationale lycéenne, quant à elle, organise avec le soutien du Mouvement des jeunes communistes, des jeunes socialistes, des jeunes radicaux de gauche, des jeunes verts ainsi que des Jeunesses ouvrières communistes une votation lycéenne dans tous les lycées. Ils envisagent l’organisation de deux journées d’action symbolique d’ici à la fin mars en déposant des urnes devant chaque lycée de France. Cela s’inspire de la votation qui avait eu lieu pour l’avenir de la Poste. Le dispositif précis devait être dévoilé au moment de la rédaction de cet article, lors d’une conférence au CROUS de Paris, et le scrutin vise à montrer que le gouvernement à tort dans le domaine de l’éducation, d’après Antoine Evennou, président de l’UNL. Trois questions seront posées: sur l’orientation subie ou choisie, sur la carte scolaire favorisant la mixité sociale face à la concurrence des lycées, et enfin, sur la formation des enseignants.

En conclusion, la tension monte, notamment dans l’académie de Seine-St-Denis, 2ème académie de France par le nombre d’élèves, après Versailles, c’est aussi la plus défavorisée…

Voir l’article relatif sur infos-france 2.fr; et sur 20 minutes.fr

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Le droit de retrait du salarié: un cas d’école à Vitry

08/02/2010

Après l’incident très grave survenu au lycée de Vitry sur seine, où un jeune a été victime d’une agression, dans l’enceinte de l’établissement et par un groupe extérieur au lycée, les professeurs ont fait valoir leur droit de retrait. Après une semaine sans cours, le ministre les exhorte à reprendre le rythme normal d’enseignement.

Le droit de retrait est stipulé par la loi 82 1097 du 23 décembre 1982 qui reconnait un droit d’alerte et de retrait au bénéfice du salarié qui a un motif raisonnable de penser que la situation dans laquelle il se trouve présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.

CONDITIONS D’EXERCICE DU DROIT DE RETRAIT :
C’est une faculté, et en aucun cas on ne pourra reprocher à un salarié victime d’un accident du travail de ne pas s’être retiré d’une situation de travail.
Le droit de retrait ne peut s’exercer sans utiliser au préalable ou en même temps la procédure d’alerte, qui consiste, pour le salarié, à signaler à l’employeur (ou à son représentant) l’existence d’un danger grave et imminent. La loi n’impose là encore aucune formalité. Le retrait peut intervenir à la suite d’une information donnée par tous moyens. Le droit de retrait doit être exercé de telle manière qu’il ne puisse créer pour autrui une nouvelle situation de risque grave et imminent (art. L. 231-8-2).

La loi se réfère à la notion de danger pour la personne du salarié sans distinguer selon son origine : il peut émaner d’une machine, d’un processus de fabrication, d’une ambiance de travail.
Le danger doit présenter un certain degré de gravité.

L’imminence du danger suppose que le danger ne soit pas encore réalisé mais qu’il est susceptible de se concrétiser dans un bref délai. L’appréciation se fera au cas par cas, de façon subjective.

Ce droit de retrait annoncé après l’aggression est aujourd’hui contesté par le ministère, qui menace les enseignants de sanctions salariales, estimant qu’il s’agit maintenant d’une grève. Les 1500 lycéens d’Adolphe Chérioux sont livrés à eux mêmes, les conditions de sécurité exigées par les profs sont loin d’être mises en place (augmentation du nombre de surveillants,installation d’une cloture), et il est paradoxal de voir cette situation alors que dans l’affaire, c’est un lycéen qui a vu sa vie /santé menacée directement.  Certes les aggressions de ce type ne sont hélas pas nouvelles et les cibles peuvent aussi bien être des élèves que du personnel éducatif. Certes l’enceinte de l’établissement n’a pas empêché une bande extérieure de s’y introduire pour accomplir son méfait. Certes le ministère affiche sa volonté de sanctuariser l’école et pourtant il juge qu’en cette situation, les professeurs doivent “surmonter (leurs) émotions”. Pourtant, à ce jour, il semble évident qu’il faut multiplier les créations de postes de personnel éducatif, surveillants, conseillers en vie scolaire, assistants sociaux, etc. Un encadrement concret et disponible permettra de laisser les professeurs à leur rôle d’enseignants et d’éviter les débordements. La sécurisation ou “sanctuarisation” (ah…ces guillemets, chargés de sens…) ne devrait rester l’apanage que des établissements eux mêmes.

A Vitry, 1500 lycéens pour 11 surveillants semble constituer un ratio assez faible…

Voir l’article sur Planète Campus, ici.

Voir les textes de références sur le droit de retrait, à télécharger sur le site de SUD education, ici.

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Sur la volonté de “sanctuariser” l’Ecole: à quoi servent les guillemets au juste?

04/02/2010

Tout d’abord, il convient de rappeler la définition du terme: il s’agit de l’action de sanctuariser, c’est à dire de donner un caractère sacré à quelquechose, d’en faire un sanctuaire.

Le thème de la dissuasion semble ainsi inclu dans la formule, qui accompagne les ambitions sécuritaires du gouvernement pour les établissements scolaires. Mais le quiproquo est aisément perceptible, même sans vouloir jouer sur les mots, ce qui est pourtant le cas quand on utilise celui là dans un pays ou l’école est laique depuis 1905. Alors le choix des mots est important. On peut comprendre un certain rechignement à utiliser celui, bien connoté électoralement, de sécurisation (la droite qui joue la carte du tout sécuritaire…), pourtant, c’est en ces terme qu’a été annoncé le plan, le 23 septembre 2009 par Messieurs Chatel et Hortefeux. Le rapprochement des deux ministères semble d’ailleurs tout aussi discutable en terme de glissement…un visage à double face se penche sur les cours de récréation: la sanctuarisation cache la sécurisation.

Suite au décès du jeune Hakim, poignardé dans l’enceinte du lycée Darius Milhaud du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), le ministre Luc Chatel s’est adressé à un parterre de  gendarmes et policiers, membres des EMS (Equipes Mobiles de Sécurité), et venus des quatres coins de la France, afin de leur expliquer les grandes lignes  de cette politique de sanctuarisation des écoles, voulue par les instances dirigeantes du pays, Messieurs Sarkosy, Hortefeux et Chatel en tête). Ces équipes seraient déjà opérationnelles dans 19 académies, d’après M.Chatel, qui souhaite accélérer les opérations de formation et dresser un premier bilan début avril. Alors que , toujours selon le Ministre, 27%des établissements ont été diagnostiqués, avec , comme solutions envisagées: soit une protection de proximité, aux abords de l’établissement (mais demeurant strictement à l’extérieur?), soit l’installation de portiques de sécurité ou de cloture (quelle différence réelle?) soit par l’installation de systèmes de vidéosurveillance (préconisé dans 20% des cas sur les 184 établissements concernés). Le plan d’action contient aussi une formation des personnels d’encadrement à la gestion de crise. Les 7946 collèges et lycées devraient être diagnostiqués d’ici le mois de juin.

“L’insécurité à l’école n’est pas une fatalité. L’école doit être un sanctuaire.” , affirmait lundi le ministre au collège Victor Hugo d’Issy les Moulineaux, reprennant les propos de M.Sarkosy. Un sanctuaire ou gendarmes et policiers du plan SAGES (sic) (Sanctuarisation Globale des Etablissements Scolaires), testé dans 14 collèges et lycées pilotes depuis la rentrée 2009, effectuent un diagnostic des failles des établissements en terme d’accès non autorisés,  sont déployés régulièrement aux heures d’entrée et de sortie des élèves, et peuvent aller jusqu’à enquêter sur les éléments soupçonnés d’être perturbateurs.

On observe aujourd’hui un décalage entre les annonces du gouvernement et l’analyse du problème par les établissements. Pour la FSU, police et gendarmerie n’ont pas leur place dans l’enceinte de l’école, même si le lien entre eux existe depuis longtemps. La mission confiée à Alain Bauer, conseiller spécial du Président, et portant sur “l’évolution des règles et des sanctions disciplinaires et sur le rôle des familles dans la prévention de la délinquance” pose un problème encore une fois trop centré sur la stigmatisation des parents, une représentation négative de la jeunesse alors que le problème est beaucoup plus large… La FSU s’interroge sur la pertinence de ces dispositifs toujours sécuritaires et répréssifs, et sur la formation d’équipes annexes à l’établissement alors que le renforcement des équipes pluridisciplinaires déjà existantes serait bien plus efficace. COP, CPE, assistants sociaux, infirmir(e)s, médecins scolaires, personnels administratifs, de direction, de vie scolaire… la FSU déclare que les suppressions massives de ces personnels qualifiés et formés, associés aux réformes du gouvernement, produisent exclusion et violence dans les établissements scolaires.

Lire l’article relatif sur L’Express.fr

Lire l’article du Parisien.fr

Lire le communiqué de presse sur le site de la FSU

L’article de France info.com

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