La communication dans l’éducation emprunte les sentiers de la perdition.
Les revendications s’accumulent du coté du corps enseignant en Seine St Denis notamment.
Dernièrement, c’est face au recrutement de 80 étudiants en vue de remplacements (pour une durée de trois semaines) que s’est manifestée la contestation. Ces étudiants seraient très insuffisamment formés avant cette première immersion, avec un simple brief de 3 heures. Selon la direction de l’académie, il s’agit surtout d’une opportunité de stage de fin de formation pour ces jeunes en 1ère année d’IUFM, tandis que d’autres sont assistants d’éducation (surveillants).
Pendant ce temps, le statu quo est toujours d’actualité à Vitry, entre Luc Chatel et les “retraités”. les enseignants et le personnel réclament le “droit fondamental” à la sécurité après l’aggression au couteau d’un élève le 3 février. 11 surveillants supplémentaires sont demandés par le lycée, le gouvernement propose 9 postes, dont 3 assistants d’éducation et 6 médiateurs de réussite scolaire. Le problème, c’est que les compétences exigées risques de subir une dévaluation: pour les enseignants, les postes proposés par le Ministère sont avant tout des contrats précaires, peu efficaces.
Du coup, la contestation dans l’enseignement prend une tournure générale, contre la réforme du lycée, celle de la formation des maitres et des enseignants, et bien sur face aux suppressions de postes…qui semblent une réponse parfaitement hors sujet à la problématique posée.

D’ailleurs, les syndicats dénoncent le caractère “de totale improvisation dans laquelle se prépare l’accueil et la formation des profs stagiaires dans les établissements”. L’Union nationale lycéenne, quant à elle, organise avec le soutien du Mouvement des jeunes communistes, des jeunes socialistes, des jeunes radicaux de gauche, des jeunes verts ainsi que des Jeunesses ouvrières communistes une votation lycéenne dans tous les lycées. Ils envisagent l’organisation de deux journées d’action symbolique d’ici à la fin mars en déposant des urnes devant chaque lycée de France. Cela s’inspire de la votation qui avait eu lieu pour l’avenir de la Poste. Le dispositif précis devait être dévoilé au moment de la rédaction de cet article, lors d’une conférence au CROUS de Paris, et le scrutin vise à montrer que le gouvernement à tort dans le domaine de l’éducation, d’après Antoine Evennou, président de l’UNL. Trois questions seront posées: sur l’orientation subie ou choisie, sur la carte scolaire favorisant la mixité sociale face à la concurrence des lycées, et enfin, sur la formation
des enseignants.
En conclusion, la tension monte, notamment dans l’académie de Seine-St-Denis, 2ème académie de France par le nombre d’élèves, après Versailles, c’est aussi la plus défavorisée…
Voir l’article relatif sur infos-france 2.fr; et sur 20 minutes.fr
Ce droit de retrait annoncé après l’aggression est aujourd’hui contesté par le ministère, qui menace les enseignants de sanctions salariales, estimant qu’il s’agit maintenant d’une grève. Les 1500 lycéens d’Adolphe Chérioux sont livrés à eux mêmes, les conditions de sécurité exigées par les profs sont loin d’être mises en place (augmentation du nombre de surveillants,installation d’une cloture), et il est paradoxal de voir cette situation alors que dans l’affaire, c’est un lycéen qui a vu sa vie /santé menacée directement. Certes les aggressions de ce type ne sont hélas pas nouvelles et les cibles peuvent aussi bien être des élèves que du personnel éducatif. Certes l’enceinte de l’établissement n’a pas empêché une bande extérieure de s’y introduire pour accomplir son méfait. Certes le ministère affiche sa volonté de sanctuariser l’école et pourtant il juge qu’en cette situation, les professeurs doivent “surmonter (leurs) émotions”. Pourtant, à ce jour, il semble évident qu’il faut multiplier les créations de postes de personnel éducatif, surveillants, conseillers en vie scolaire, assistants sociaux, etc. Un encadrement concret et disponible permettra de laisser les professeurs à leur rôle d’enseignants et d’éviter les débordements. La sécurisation ou “sanctuarisation” (ah…ces guillemets, chargés de sens…) ne devrait rester l’apanage que des établissements eux mêmes.
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