Les grandes écoles auraient-elles peur des petites bourses?
La CGE (Conférence des Grandes Ecoles) et le gouvernement s’opposent en ce moment dans une bataille rhétorique, dont le but est de savoir si oui ou non, le nombre de boursiers intégrant une grande école sera en hausse. Lors de la délibération, le 23 décembre 2009, de la dernière CGE, la crainte de l’organisation de voir le niveau baisser suite à l’imposition de quotas d’élèves boursiers, s’élevant à 30%, à été communiquée au Monde le 04 janvier. 
D’un coté, on annonce qu’une politique de quota dévaluerait le niveau d’excellence du diplôme délivré et que cela risque de porter préjudice à la réputation de la formation et donc à l’attrait des entreprises pour les diplômés. Les membres du gouvernement, Luc Chatel, Valérie Pécresse, mais aussi Richard Descoing, récemment chargé de l’étude sur la réforme du lycée, directeur de sciences Po Paris et non-membre de la CGE, dénoncent là une réaction anti-démocratique, “choquante”, et “anti-sociale”. Le terme de QUOTAS a rapidement été retiré du lexique utilisé lors de cette polémique, le gouvernement préférant parler de facilité d’accès. L’imposition de cette décision pourrait être décidée, selon Luc Chatel, pour qui le système de reproduction sociale des élites dans ces parcours supérieurs doit changer.
Il semble que le taux de 30% est déjà été atteint dans les classes prépas aux GE, en 2009. Mais selon le ministère de l’Enseignement supérieur, le taux n’est pas le même dans toutes les écoles. S’il est en moyenne de 22,9% dans celles d’ingénieurs, il est seulement de 11,03% à Polytechnique. Et s’il est de 20,7% en moyenne pour les écoles de commerce, il n’est que de 12,3% dans les très sélectives comme HEC ou l’Essec.
Au ministère de l’Enseignement supérieur, on considérait lundi qu’il s’agissait d’une “fausse querelle”. “On n’a pas parlé de quotas, mais d’objectifs”, dit le ministère. Parmi plusieurs mesures en faveur de “l’égalité des chances”, un comité ministériel a lancé en novembre une mission “sur la discrimination sociale lors de l’accès aux concours des grandes écoles” pour en “modifier, le cas échéant, l’organisation dès 2011″.
Voir l’article du Monde, par Benoit Floc’h
Il y a un gros problème, de fond, et qui n’est que trop rarement dénoncé : vous vous souvenez des Héritiers de Bourdieu? Il démontrait qu’en fonction de leur origine sociale, les étudiants n’ont pas tous les mêmes facilités d’accès à la culture et donc pas les mêmes chances de réussite scolaire. En 1964, pfff…
Tant que les recruteurs ne se moraliseront pas à sur la discrimination de fait qui à lieu dans de trop nombreuses écoles cotées, et chères, les mêmes parties se rejoueront encore et encore.