Accueil > Actualités du projet, Formation et orientation, Infos variées, Questions pratiques > Le futur service public d’orientation à l’étude…

Le futur service public d’orientation à l’étude…

Un contexte étudié et les besoins analysés :

L’aide à l’orientation scolaire en France est une entité tentaculaire et gigantesque, comptant des initiatives parfois lumineuses, mais souvent trop dispersées, d’une efficacité amputée par de trop rares mises en commun des compétences, si bien qu’il reste difficile au final pour bon nombre de jeunes de satisfaire leur besoin d’information d’une manière sure.

Ces dernières années, les mentalités ont quelque peu évolué en la matière, l’explosion d’internet favorisant notament  l’émergence d’une multitude de services proposant une aide documentaire , des fiches métiers, des vidéos,  l’ensemble de cette nouvelle offre numérique constituant une base de données pertinente mais bien trop atomisée.

Des initiatives privées ou associatives pullulent et il est aujourd’hui assez difficile de s’y retrouver sans être obligé de croiser des informations, parfois contradictoires…

Vers quel métier se diriger, par quelle voie, en privilégiant quel choix plutot qu’un autre? Et en plus, le nombre de jeunes sortant du système scolaire reste très important. Autant de jeunes qui n’ont pas eu la chance de découvrir la filière dans laquelle ils pourraient s’épanouir professionnellement.  Car dans la multitude des métiers possibles, des grandes entreprises à l’artisanat, il en est qui souffrent d’une image faussée ou dont l’existence est tout bonnement ignorée par ces jeunes.

Ainsi, l’information est bien présente mais souvent peu adaptée, puisque se faisant simplement le relais des conseillers d’orientation ou de l’Onisep (qui est un établissement public sous tutelle du ministère de l’Education Nationale). Des initiatives comme Pro d’un Jour proposent des axes bien différents, tentant d’envisager le problème de façon globale : agir sur deux cibles, pour offrir une toute autre gamme d’information et même, d’expérience pratique à des jeunes confrontés à une obligation de prise de décision à un age qui ne s’y prête pas forcément. Les professionnels sont donc sollicités pour renseigner directement les jeunes sur leur activité, et les accueillir pour une journée découverte métier. Une forme d’aide à l’orientation citoyenne qui privilégie l’entretien d’un lien social fort entre jeunesse et entreprise.

Ainsi, la sphère de l’orientation scolaire en France nécessite, pour une bonne compréhension de ses enjeux et directions à prendre, une mise à plat de ses multiples acteurs, ressources et compétences face aux attentes du marché et des acteurs sociaux: jeunesse et professionnels.

Analyse de l’équation: le rapport de Françoise Guégot, députée :

Les politiques interviennent dans ce secteur depuis quelques années, annonçant de grandes ambitions pour eradiquer ce mal de la jeunesse. Le gouvernement a donc chargé Mme Guégot, députée de la Seine Maritime, de rédiger un rapport après concertation avec les ministères, réseaux participants à l’orientation, milieux économiques, partenaires sociaux et entreprises. Ce rapport présente des propositions pour mettre en oeuvre la récente loi relative à l’orientation et à la formation professionnelle adoptée en décembre 2009. En voici quelques extraits choisis…

L’orientation professionnelle est devenue, en un siècle, une valeur importante de la société, qu’il faut prendre en compte en terme de politique publique. Depuis Frank Parsons et le premier bureau d’orientation ouvert à Boston en 1908, et la publication de son ouvrage fondateur : Choisir sa vocation, l’émergence d’une véritable politique publique de l’orientation a été progressive, et n’est que depuis peu considérée comme un champs spécifique de l’action publique.

C’est notamment en 2004, sous l’impulsion de l’Union européenne, que l’orientation fut considérée comme un champ inexploité de politiques publiques à construire ou à renforcer. Le défi est important: il s’agit de favoriser le développement de politiques d’orientation autonomes tout en le liant aux actions publiques de l’Education, de la Formation ou des politique de l’Emploi.

Ce qui frappe en France, c’est la multiplicité des structures qui effectuent pour tout ou partie des prestations d’orientation. (…) plus de 8000 points dispensant à titre exclusif ou au moins pour partie des prestations d’orientation. Et ces points relèvent d’une vingtaine de réseaux, organisés par des personnes publiques ou privées (…) et répondent (donc) à des logiques tout à fait hétérogènes.

Vers une coordination des réseaux et compétences?

Cerner le problème: les difficultées de coordination des réseaux :

Le problème est que le manque de coordination des réseaux empêche la pertinence en réponse aux besoins du demandeur. Une combinaison de difficultées dues à la répartition des compétences, l’absence d’une véritable entité fédératrice, comme aurait pu l’être la Région, l’éclatement des réseaux entre les acteurs publics mais égalment entre les ministères, au sein de l’Etat, et la relative faiblesse des structures interministérielles de décision et de coordination qui empêche l’Etat de jouer le rôle fédérateur d’impulsion et de définition de la stratégiequi devrait être le sien”.

Au final, l’impulsion à la coordination des compétences de tous les acteurs devrait être engagée à un niveau national.

De même,  selon de nombreux interlocuteurs, les échanges d’information  sont le vecteur indispensable à toute coopération entre les réseaux. Il faut en effet que chaque organisme soit capable de diriger, disons même d’orienter les demandeurs vers le réseau le plus à même de répondre à leurs demandes.

En conclusion, le rapport met en évidence le fait que l’orientation est intimement liée à la formation et à l’emploi, et qu’il s’agit d’agir globalement sur ces différents axes.

1/Le rapprochement entre l’Ecole et le monde du travail doit être poursuivi.

2/La qualité de l’offre de formation doit être cohérente avec avec les demandes de l”économie et du monde du travail, et les disparités fortes atténuées.

3/Dans cet esprit, la généralisation à l’ensemble des formations de l’obligation de transparence sur les débouchés (…)constituerait une avancée forte.

4/L’élévation du niveau d’expertise des professionnels de l’orientation est indispensable, dans le cadre de la mise en place d’un service public d’orientation défini par la loi relative à l’orientation et à la formation professionnelle. Le but de cette démarche est que les différents acteurs se connaissent, échangent plus entre eux et puissent ainsi mieux diriger les demandeurs vers le service adapté.

5/Le service public d’orientation ne devra pas rajouter à la complexité de l’existant en matière d’offre de service. Il doit au contraire contribuer à élever la qualité du système de l’orientation tout en s’appuyant sur les bonnes pratiques qui sont déjà en place.

Ainsi, le nouveau service public d’orientation aura recours à des acteurs ayant déjà une expérience dans le champs de l’information dématérialisé.

L’un des enjeux de taille sera de coordonner tout cela, et de rendre l’action de ce service public visible par ses bénéficiaires.

Un va-tout,  la mobilisation des entreprises ?

Le salariat et l’entreprise pourrait être mis à contribution.

Le rapport conseille une implication plus importante des participants au service de l’emploi et des administrations dans les actions de formation initiale et continue sur le monde du travail, organisées à destination des enseignants.

Suivant cet axe, est préconisé “un effort de mobilisation de la part des entreprises et de leurs représentants  afin de renforcer le tutorat par des salariés  accompagnant des jeunes issus du milieu scolaire. Dans cette optique, la prise en charge au titre des dépenses obligatoires de formation professionnelle d’une partie de la rémunération des salariés assurant le tutorat des jeunes de moins de 26 ans, stagiaires en entreprise“.

La multiplication des partenariats entre écoles et entreprises constitue également une valeur importante de succès, pour favoriser des échanges plus approfondis avec les acteurs de l’économie.

D’autres axes de réflexion sont avancés, tels que l’importance de l’obligation d’information des bénéficiaires sur les taux de réussite et d’insertion professionnelle des formations et aussi le développement de passerelles entre formations et qualifications pour faciliter les réorientations.

Un site internet de référence, promoteur du service public d’orientation?

Enfin, faciliter l’accès à l’information spécifique sur les métiers, formations et qualifications est essentiel. L’idée est que les outils d’aide à la décision en ligne rendent ensuite d’autant plus fructueux le contact avec les professionnels de l’orientation que ces derniers seront abordés avec des questions plus précises.

Le questionnement se pose donc quant à la mise en place d’un tel site : référencera-t-il les données des autres sites, puis les remplacera, les anciennes entités devenant ainsi  contributeurs directs, ou bien viendra-t-il s’ajouter à l’offre déjà existante?

A suivre…



vincent Actualités du projet, Formation et orientation, Infos variées, Questions pratiques

  1. Pas encore de commentaire
  1. Pas encore de trackbacks