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Témoignage de Joel Capon, directeur du CIO de Roubaix

Les missions du CIO de Roubaix sont d’assurer l’accueil, l’information et le conseil du public scolaire et non scolaire, il prépare également les jeunes à construire un projet professionnel en lien avec toute l’équipe éducative.

Voici le témoignage de Joel Capon, directeur du CIO de Roubaix. Pêle mêle, voici ses impressions sur l’orientation, le rôle des COP (Conseiller d’Orientation Psychologue) au milieu de ce qui est devenu un marché de l’orientation sur le web et des attentes des jeunes et des professionnels avec qui ils travaillent tout au long de l’année.

Constat :

Le rôle des COP ( titulaires d’une licence en psychologie obligatoire), est une donnée très importante à considérer lors de la construction de son plan d’orientation scolaire et professionnelle.  En effet, chargés de conduire et d’accompagner à la formation, leur rôle est avant tout de délivrer une information fiable et correspondante aux questions des jeunes, d’assurer une réflexion personnalisée pour chaque demandeur.

Pour Joel Capon, le plus important est le dialogue, les nombreux outils pour une aide “distanciée” à l’orientation rendant les choses plus difficiles. Pas impossibles cependant, un des facteurs étant la confiance plus ou moins établie du jeune face à ses souhaits de professionalisation. Dans tous les cas, la complémentarité des différents services est efficace, la difficultée étant de savoir prendre le temps necessaire à la constitution d’un projet solide et fiable, et de savoir également ou chercher les informations et les recouper.

La formation en psychologie confère une certaine pertinence aux conseils des COP, chaque cas étant bien entendu tout particulier. Dans l’idéal, des plages de 45 minutes sont réservées pour chaque élève, renouvelables. “Il faut se donner le temps de le faire, l’orientation ce n’est pas juste une question d’information”. Et c’est bien là que réside la difficultée, aujourd’hui, alors que la diminution du nombre de COP -eux qui interviennent dès le collège pour sensibiliser les jeunes- sur la circonscription de Roubaix (ce qui est assez représentatif de la tendance nationale) amène le ratio à 1 COP pour 1500 élèves ! En cause, le non remplacement de 5 COP sur 6.

Attention aux discours généralisants !

Exemple : le jeune qui choisit l’apprentissage, dont on entend souvent que c’est la voie royale pour la recherche d’une formation concrète, peut tout aussi bien devenir sujet au décrochage s’il n’est pas correctement informé sur la réalité de l’activité. Joel Capon observe que ce sont souvent des voies choisies par défaut, citant l’exemple du CAP, la formation professionalisante la plus courte ( 2 ans après le brevet ), 3 formations concentrent l’essentiel des demandes, alors que, d’une, le nombre de postes de travail est bien défini, et ensuite, d’autres formations sont boudées, mal affectées, c’est le cas par exemple d’une formation menacée (dans un lycée de Roubaix) : PSPA (Pilotage de Systèmes de Productions Automatisées). Seulement 7 demandes cette année, alors que des professionnels de ce domaine spécifique sont prêts à proposer directement une embauche en CDI à la sortie de la formation. Il est vrai que le terme, abrégé ou non, peu sembler obscur, mais il s’agit d’une voie riche en débouchées, et possibilités d’évolutions. Les clarifications d’un professionnel de l’orientation sont une ressource primordiale pour avoir plusieurs cartes en main.

Les formations dans leur ensemble sont aujourd’hui victimes de leur représentation : le quantitatif vaut plus que le qualitatif, et l’offre à tendance à être guidée par le marketing. Ors, conclut Joel Capon, “il y a des sujets sur lesquels rien ne remplacera le contact humain”.

vincent Actualités du projet, Formation et orientation, Témoignages

  1. Joël CAPON
    19/04/2010 à 12:56 | #1

    Merci Vincent d’avoir vous aussi pris le temps de vous pencher sur cette question du conseil en orientation. À l’ère de l’information immédiate, on a en effet trop souvent tendance à penser que l’orientation peut être traitée en deux clics et un coup de téléphone !

    J’aimerais préciser ma pensée concernant un des points abordés au cours de notre entrevue : je ne suis pas opposé, loin de là, au recours aux outils et techniques pour l’élaboration du projet scolaire et professionnel, mais je pense que c’est une erreur de croire que la qualité du conseil est exclusivement liée à ces outils et techniques. Pour moi, le meilleur outil que les CO-P ont dans les mains, c’est l’entretien : comment peut-on mieux cerner une demande que dans une situation de face à face dans laquelle on se donne le temps de l’écoute et de la réflexion ? Bien sûr, cette étape peut parfois s’avérer insuffisante et les CO-P peuvent alors puiser dans leur boîte à outils et se servir de celui qui sera le plus adapté à la demande exprimée. Il arrive que des personnes viennent au CIO “pour passer un test” : on pourrait très facilement accéder à leur demande et leur donner satisfaction, mais ce serait comme leur jeter une poudre aux yeux et les détourner de l’essentiel.

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